Grégori DoréeDétails sur l'artisteUne enfance dans le Finistère, là où la terre finit et les rêves commencent, déclenche des envies de voyages. Et les gouttes de pluie, après avoir goûté l'Afrique, donnent des rêves de départ, dopés par les livres de Jack London et par la musique de Vangelis, de Los Calchakis, Higelin et les cours de piano qui m’aident à peindre des notes en bleue dans mon univers.
A 24 ans, après des études en Allemagne, je passe deux ans au CIM à Paris et y suis les cours de l'organiste Emmanuel Bex. De retour à Montpellier, la ville de mon adolescence, je m’inscris à l’école de jazz du JAM, où je participe à la tournée « Format Scène » dans toute la France qui se termine par un concert au Duc des Lombards. Tout cela motive un passage au Berklee College Music of Boston en 1999. Et comme Boston n’est pas assez froid, je décide de partir en Suède, où je travaille comme pianiste de bar (les étudiants consomment sur le piano qui sert aussi de table !), et aussi comme pianiste du Big Band de la radio locale de Uppsala. La Suède, c’est le pays du silence, sauf quand les petites mamies sortent subitement leur bouteille de vodka les vendredis soir.
C'est de retour en France que mon carnet d’intermittent du spectacle se remplit : après la chanson française, c'est les petits clubs de jazz avec le guitariste David Dimbert. Au JAM, j’accompagne les cours de chant de Pascale Labbé et suis le témoin impuissant de sacrés crises de trac lors des concerts ! Puis je suis un stage en M.A.O à Toulouse, et un autre pour enseigner aux enfants la méthode de piano d’Oswin Haas. Comme j’ai la nostalgie pour la Bretagne, je pars sur la Côte de Granit Rose, où je donne des rendez vous hebdomadaires de jazz avec le contrebassiste Nicolas Besnerais au Manoir de Lan Kerellec --les clients sont dignes des romans d’Agatha Christie, dans cet élégant hôtel où chacun joue son registre, qui est le coupable ? Je me renouvelle avec un stage à l’ECM d’Eric Le Lann et suis les cours du pianiste Cesarius Alvim. En 2003 Nicolas et moi montons le trio de jazz « Dorée Bababes » qui arpente les gwenogenns au son des congas de Bruno Babalonne.
Une petite mexicaine motive mon départ à Mexico où je me marie sur le Zocalo --la place principale de la ville . J’y enseigne le piano, je travaille avec boulimie les oeuvres classiques en gardant l’approche du jazz (Mozart n’était t'il pas d'abord un grand improvisateur ?) Mexico a des cotés surréalistes, on peut y rencontrer des indiens en plumes qui dansent sur de la musique techno ! Je vais donner mes cours en vélo, c'est très excitant de se faufiler entre les voitures, on se sent un peu torero. C'est le gamin qui parle, je lui ai laissé une clé pour rentrer quand il veut et venir colorer ma vie avec fantaisie. Il a aussi la clé de l'armoire, où, pour limiter les bruits, j'ai installé mon home studio ! La musique que je vous présente s'adresse donc d'abord aux grands enfants : Vive les enfants, vive les grands enfants !
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